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Matières premières en suspens : l’or bat des records et le pétrole stagne
information fournie par TRIBUNE LIBRE 22/10/2025 à 15:42

Alors que l'or enchaîne les records historiques, le pétrole, lui, oscille entre 60 et 70 dollars le baril. Cette divergence, qui traduit une aversion croissante des investisseurs pour le risque et un ralentissement de la croissance économique, pourrait s'accentuer dans les mois à venir. (crédit : Adobe Firefly / image générée par IA)

Alors que l'or enchaîne les records historiques, le pétrole, lui, oscille entre 60 et 70 dollars le baril. Cette divergence, qui traduit une aversion croissante des investisseurs pour le risque et un ralentissement de la croissance économique, pourrait s'accentuer dans les mois à venir. (crédit : Adobe Firefly / image générée par IA)

Par Kerstin Hottner, directrice des matières premières et gestionnaire de portefeuilles chez Vontobel


Ces dernières semaines, une déconnexion notable a marqué les marchés : les prix de l'or et du pétrole ont évolué de manière divergente. La relation entre ces deux actifs a atteint des niveaux historiquement élevés, seulement surpassés en 2020, lorsque le pétrole brut a brièvement affiché des prix négatifs. Alors que l'or enchaîne les records historiques, le pétrole, lui, oscille entre 60 et 70 dollars le baril. Cette divergence, qui traduit une aversion croissante des investisseurs pour le risque et un ralentissement de la croissance économique, pourrait s'accentuer dans les mois à venir.

La seule façon d'inverser cette tendance serait une reprise du cycle industriel mondial. Une accélération de la croissance économique redonnerait de l'élan à la demande énergétique. Dans ce scénario, l'or perdrait de son attrait en tant que valeur refuge, et le pétrole regagnerait en dynamisme. Cependant, le scénario de base anticipe un "atterrissage en douceur" d'ici la fin de l'année : un ralentissement est prévu, mais sans chute brutale.

D'autres matières premières sous pression

Dans ce contexte complexe, d'autres matières premières, comme le cuivre, sont également affectées, notamment par la politique commerciale des États-Unis. Le 31 juillet, l'annonce de l'absence de droits de douane sur le minerai ou le concentré de cuivre a surpris le marché, seuls les produits transformés (fils, barres) étant concernés. Cette nouvelle, inattendue, a provoqué une vague d'expéditions de cuivre vers les États-Unis, les acteurs cherchant à anticiper d'éventuelles hausses de prix. Il en a résulté de fortes tensions sur le marché européen, avec une augmentation des écarts sur le cuivre à la Bourse des métaux de Londres (LME).

Bien que ces distorsions soient temporaires, certains effets sont plus durables. La destruction de la demande est l'un d'eux, causée par la hausse des prix des produits importés soumis à des droits de douane de 50 %, comme le cuivre, l'aluminium et l'acier. Cette pression tarifaire devrait stimuler l'offre, mais l'augmentation des capacités d'extraction et de raffinage prendra du temps. En attendant, les consommateurs font face à des coûts plus élevés, ce qui impacte la consommation et, in fine, la demande mondiale.

Malgré ces tensions, l'or demeure l'un des actifs les plus solides en cette fin d'année, surtout si la Fed continue de réduire les taux d'intérêt. Ne générant aucun rendement, l'or devient plus attractif lorsque les taux sont bas. Le platine pourrait également susciter l'intérêt : le marché est en déficit, et sa demande est diversifiée, allant de la joaillerie aux applications liées à l'hydrogène ou à l'automobile. Bien que son prix actuel intègre un certain risque tarifaire, si les États-Unis décident de ne pas appliquer de droits de douane – ce qui est probable étant donné qu'ils sont importateurs nets –, le platine pourrait se corriger et offrir une opportunité d'investissement.

À l'opposé, certains métaux industriels semblent surévalués. Bien que des faiblesses aient été anticipées pour le second semestre 2025 en raison du ralentissement du commerce mondial et de droits de douane plus élevés, les prix sont restés élevés. Un dollar faible, des interruptions d'approvisionnement et des stocks bas en Europe ont maintenu les prix. Néanmoins, une rectification est attendue dans les mois à venir.

Le cas du zinc est particulièrement révélateur : la demande est limitée par la faible activité du secteur de la construction en Chine, tandis que l'offre minière continue de croître. Cela en fait un candidat évident pour des positions baissières.

Le pétrole pourrait également perdre du terrain. Malgré les efforts de l'OPEP+, le marché montre des signes de surabondance : les stocks en transit augmentent, la production hors OPEP croît, et des barils supplémentaires sont réintégrés sur le marché. Si les stocks des pays de l'OCDE commencent à croître de manière soutenue, les prix pourraient encore baisser, creusant l'écart avec l'or.

Géopolitique et banques centrales

Parallèlement, les tensions géopolitiques persistent. La Chine, acteur dominant sur le marché des terres rares, a imposé de nouvelles restrictions sur les exportations de technologies de traitement, ciblant les utilisateurs étrangers dans les secteurs de la défense et des semi-conducteurs. En réponse, Trump a menacé d'imposer davantage de droits de douane et a annulé une éventuelle rencontre avec Xi Jinping. Cela éloigne toute perspective d'accord commercial à court terme. De plus, la Chine, les États-Unis et d'autres pays accumulent des matières premières stratégiques (or, pétrole, minéraux critiques) dans un contexte croissant de "nationalisme des ressources".

Le taux de change est un autre facteur clé. Un dollar plus faible a pu soutenir les performances des métaux précieux et industriels, les rendant plus accessibles aux acheteurs dans d'autres devises. Si cette faiblesse persiste, elle continuera de soutenir ces marchés.

Enfin, les décisions sur les taux d'intérêt influenceront indirectement les matières premières. À l'exception de l'or, la plupart des matières premières ne sont pas directement affectées par les taux, mais plutôt par leur impact sur la demande. Si la Fed réduit les taux de manière proactive pour éviter une récession ou stimuler la croissance en 2026, cela pourrait relancer la demande industrielle et profiter à des matières premières comme le pétrole et les métaux.

Valeurs associées

Or
4 770,39 USD Six - Forex 1 -0,12%
67,23 USD Ice Europ -0,13%

2 commentaires

  • 22 octobre 17:24

    Un pays comme la Pologne qui reçoit des subventions de l'U.E. achète 90 tonnes d'or par an !


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